Batoumi, Géorgie, nous courons
prendre notre train (merci à Maolann d'avoir vu que l'heure avait changé entre la Turquie et la Géorgie) vers lequel nous nous dirigeons sans entrer par la gare mais
simplement par le bord de la route. Phanie perd le
tirage au sort et va dormir dans le compartiment d’à côté, les toilettes sont
immondes, l’odeur de cigarette imprègne tout, les fumeurs sont partout. Vieux
train soviétique avec inscriptions en russe, du savon mais pas d’eau. Nuit très
moyenne avec la sale impression qu’on joue aux osselets avec nos vertèbres dans
nos sacs à viande, réveil trop précoce, il est 7 heures et nous arrivons à
Tbilissi.
Nous sommes accueillis au sortir du train par Tsisso, une amie d'amie. Elle a réservé une chambre dans un hôtel dans la vieille ville. Nous traversons la gare lugubre, les murs sont jaunis, l’air est jauni, les gens sont jaunis. Tbilissi que l’on traverse en zig zag pendant 2 jours est bâtie le long d'un fleuve la Doura, qui rejoint ensuite l'Azerbaidjan. Quelques bâtiments « modernes » parfois sur le mode Batoumi, comme le palais présidentiel, parfois pas si mal comme le palais de justice en forme de bouquets de chanterelles, ou bien deux énormes tuyaux en mailles géantes et miroirs qui devraient bientôt accueillir un théatre ou centre culturel.
Beaucoup d’Eglises orthodoxes, pas vilaines de l’extérieur
(pas non plus délirantes) et parfois assez jolies de l’intérieur (comme celle
du 12è à deux pas de notre hôtel familial). Le plus intrigant et aussi
stupéfiant est le côté très mystique de la religion, religion-superstition. Des
icones remplissent les églises mais aussi les cars, les voitures. Les parcours
des priants est assez éloquent, stations multiples et parfois prolongées devant
les portraits d’or de tel ou tel saint (ou sainte), puis les signes de croix
qui entament chaque station la closent avant que les lèvres du bigot ne
viennent se poser sur un coin du tableau ou de la gravure. Ces signes de croix
débordent largement les églises. Le gens se signent systématiquement en passant
devant une église à pied ou en autobus ce qui donne des saynètes
croustillantes lorsque nous empruntons ce transport en commun.
En passant, une boulangerie: un homme dépasse à peine au dessus du sol, dans un coin d’immeuble. Il émerge à la taille et derrière lui dans une cave deux hommes font le pain. L’un dépose des pâtes, en forme de raquette à deux manches courts opposés, dans un four posé au sol, haut de 1 mètre 20, en les collant directement sur la paroi interne (le four est en forme de carafe tronquée au cou très court) ; l’autre récupère les pains cuits avec une pique et nous achetons deux pains croustillants, brûlants et troués en leur centre. Le prix est dérisoire et le gout excellent.
Nous sommes accueillis au sortir du train par Tsisso, une amie d'amie. Elle a réservé une chambre dans un hôtel dans la vieille ville. Nous traversons la gare lugubre, les murs sont jaunis, l’air est jauni, les gens sont jaunis. Tbilissi que l’on traverse en zig zag pendant 2 jours est bâtie le long d'un fleuve la Doura, qui rejoint ensuite l'Azerbaidjan. Quelques bâtiments « modernes » parfois sur le mode Batoumi, comme le palais présidentiel, parfois pas si mal comme le palais de justice en forme de bouquets de chanterelles, ou bien deux énormes tuyaux en mailles géantes et miroirs qui devraient bientôt accueillir un théatre ou centre culturel.
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Des chapelets de Churchkhela (faits de raisin et noix) |
En passant, une boulangerie: un homme dépasse à peine au dessus du sol, dans un coin d’immeuble. Il émerge à la taille et derrière lui dans une cave deux hommes font le pain. L’un dépose des pâtes, en forme de raquette à deux manches courts opposés, dans un four posé au sol, haut de 1 mètre 20, en les collant directement sur la paroi interne (le four est en forme de carafe tronquée au cou très court) ; l’autre récupère les pains cuits avec une pique et nous achetons deux pains croustillants, brûlants et troués en leur centre. Le prix est dérisoire et le gout excellent.
A Tbilissi, il y
a la vieille ville incroyable, des maisons parfois complètement en ruine (une
église aussi), parfois fortement décaties, parfois simplement fissurées. Anciennes demeures, souvent de bois que l’on imagine somptueuses
du temps de leur splendeur. Et puis, en son sein, la vie, des gens qui habitent
ce qui ressemble ici à des taudis, là à des lieux branchés bobos super bien
réhabilités. Curieuse impression parfois d’une guerre toute récente et la vie qui
reprend le dessus dans les décombres.
Beaucoup de vins
ici en Gorgie. Beaucoup de fumeurs, des gens pas très affables, pas vraiment
froids non plus mais pas chaleureux. C’est sur qu’après la Turquie c’est un
grand changement. Nous avons gouté
les pouris, pains aménagés en pizzas aux gôuts multiples, avec souvent pas mal
de fromage, on aime bien.
Et puis cette
dernière déambulation dans la vieille ville, au milieu des bicoques branlantes
et absolument charmantes, pendant que les enfants jouent dans leur
maison-hôtel. Un son émerge de ce quartier en décrépitude, inattendu. Nous le
suivons, avec Phanie, tels les rats attirés par le son d’un air de flûte. C’est
un air de piano, répété, travaillé. On le suit comme une fumée qu’on respire
jusqu’à la source et le filet musical grossit et s’amplifie encore jusqu’à nous
mener vers une fenêtre d’une façade bancale. Son magique, j’imagine un homme,
la trentaine, qui répète un morceau. Nous récupérons les enfants, les pouris
commandés qui tardent et un taxi qui nous emmène vers la gare glauque. Nous nous installons dans un train de nuit pour
Erevan. Je suis seul dans mon compartiment de 4 places (chacun son tour), le contrôle de la douane ne se fait
pas trop tard dans une gare arménienne où les arbres poussent à même le quai et
où les chants des oiseaux sont envahissants. Le douanier ne réveille même pas
les petits pour vérifier qu’ils sont eux mêmes, c’est tranquille.