mardi 14 mai 2013

Honaz, le festin


Après être allés à Istanbul chez le cousin de notre amie Seval, nous sommes allés a Honaz dans le sud ouest de la Turquie. Les parents de Seval nous accueillent chez eux pendant 3 jours. Seulement ils ne parlent pas un mot d’anglais et même pas un demi-mot de français et nous bah... le Turc c’est pas notre point fort. Bref nous ne savions pas comment nous allions faire.
Quand nous sommes descendus du petit bus qui nous conduit chez eux, un homme avec des yeux magnifiques (bleus évidemment) vient à notre rencontre. C’est le père de Seval.Il nous fait la bise et sourit immédiatement (nous étions assez surpris d’autant plus que Seval nous avait avertis qu’il n’était pas très souriant à cause de la mauvaise récolte des cerises qu’il allait avoir (les 2 parents travaillent dans un verger )).

Puis quand nous arrivons dans le jardin, 2 femmes et 1 homme viennent nous dire bonjour. La première femme nous fait 4 bises bien chaleureuse entrecoupées de câlins affectueux. Les 2 autres personnes un peu plus froides (mais très chaleureuses quand même) nous font la bise naturellement.
Après s’être installés dans  le rez de chaussé qu’ils nous prêtaient (2 chambre et 1 salle de bain et un salon comme au 1er etage), nous passâmes à table. Et là il y avait de quoi nourrir 20 personnes !!!! Nous avons énormément mangé. Je pensais que c’était parce que c’était le premier soir. Et bien non le lendemain matin ça recommençait sur la table, il y avait des olives, des tomates, des concombres, du lait, du fromage, du jambon du thé  , plein de pain différent, des œufs ;des poivrons; du yaourt ;du miel; des noix; du sirop de raisin … De quoi faire des provisions. Nous arrivions à communiquer un tout petit peu grâce à l’oncle (il  y avait l’oncle et la tante de Seval) qui parlait un peu allemand. Pendant notre séjour nous avons passé les trois quarts du temps dehors tellement il faisait chaud et beau.
Le 1er jour nous sommes allés visiter Pamukkale en famille (c’était génial) (à suivre).

Le 2eme jour, nous sommes partis dans la carriole de leur tracteur pour visiter leur verger de cerisiers. Alors que nous avions mangé  un énorme petit déjeuner, qui nourrit pour la journée au moins, déjà, à l’ombre d’un sapin (le seul arbre non cerisier du verger) la mère de Seval commençait à mettre le couvert sur les petites tables. Le verger était assez grand et a coté, il y avait un champ de pavot. Au tour de ces champs , il y avait des marguerites et la tante nous a appris à faire des couronnes de fleurs. C’est très simple à réaliser et assez drôle. Après ça on s’est mis à table, on avait plus du tout faim, mais la nourriture c’est assez sacré, il fallait donc manger. Puis a la fin du repas, nous avons bu du thé.Une fois que tout fut remballé et que nous fûmes remontés dans la carriole, le père de Seval nous emmena dans un autre verger de « eriks »cette fois ci. Le eriks sont des petits fruits verts comme des minis pomme assez acide mais délicieux. Après en avoir mangé et ramassé (surtout mangé) nous sommes rentrés pour …Manger  de nouveau( les repas sont tout de même delicieux). 

Les parents de Seval
 Le 3e et dernier jour nous nous levons assez tôt et prenons le petit dèj’.Nous disons au revoir, les larmes coulent du côté de maman , de la mère, de la tante et même  du père de Seval qui ,lui, ne veut pas les montrer. Le père et l’oncle nous amènent à l’arrêt de bus ;Une fois montés dans le bus un denier petit geste de la main aux deux hommes et …
DIRECTION FETHYE !!!!!
 Louna





Les eriks


jeudi 9 mai 2013

Selçuk et quelques


On s’y est installé deux jours, aux côtés des cigognes.
Ephèse, vaste terrain jonché de pierres vieilles et usées comme des semelles de pélerins, parfois cependant encore vaillantes et soutenues pour se dresser sous formes de colonnes, de fontaines, de bâtiments, de théâtres incroyables ou aussi de maisons en terrasses immenses, murs peints et mosaïques en cours de rénovation.
Lonely planet trop court pour nous raconter l’histoire, guide acheté sur place consternant, dommage il manquait l’exaltation d’un texte ou d’un guide pour nous narrer la vie des pierres et des hommes au cours de ces siècles accumulés.
Lézards à Selçuk où les hommes jouent autour de tables carrées en bois, sirotent le thé dans les verres sobres, immuables quelque soit la ville. Un sourire gracieux d’une serveuse dans un petit restaurant en ville, le gérant de l’hôtel ancien footballeur professionnel à Bursa (côte sud de la mer Marmara), une voiture années 50 garée devant une mosquée, l’élimination de Fenerbahce en coupe d’Europe par Benfica et la mou des turcs regardant le match  et consternés du faible niveau de leur équipe fétiche, encore un jus d'orange frais, encore une photo d'Atatürk père fondateur de la Turquie après la fin de chute inexorable ottomane.
En route pour Denizli, 3 heures de car on la touche presque en étirant un peu les doigts.












mercredi 8 mai 2013

Vers Selçuk


Départ d’Istanbul pour Selçuk, en bus de notre quartier Besiktas pour la gare routière 10 km plus loin. On a 4 billets pour 5 ce qui nous fera un peu bouger au début du voyage mais quasi très peu, on finit par avoir un siège chacun. Le car atteint rapidement la mer de Marmara pour aller se poser sur un bac qui nous fait traverser l’étendue d’eau, comme un fer à repasser sur de  soie au ralenti. C’est doux, la nuit est tombée, l’air est marin et nous sommes bien. Cette courte traversée est une aubaine. Petits écrans (un par siège), tablettes, distribution d’eau puis de boissons chaudes ou fraîches avec gâteaux. Pas de ceinture ni masques à oxygène. Les informations montrent à quel point les manif du 1er mai ont été violentes en bas de notre quartier avec canons à eu et surtout gaz lacrymogènes lâchés sans réserve pour empêcher les manifestants de rejoindre la place centrale (Taksim). On comprend mieux pourquoi des flots de manifestants remontaient les rues, masques, foulards devant le visage, citron à la main, nous conseillant vivement de ne pas descendre sur la place d'où nous prenons quotidiennement le bus pour nos incartades stambouliotes Voyage en car haché par les arrêts fréquents, lumière stroboscopique. Arrivée à Selçuk à 5 heures du matin ! Grand moment  de rigolade familiale à se demander ce qu’on fout dans une gare routière en pleine nuit, un tas de sacs à dos sur le parking, et pas une âme qui vivent encore (un homme dort sur un bancs au milieu des échoppes). Un homme sort de nulle,part, un verre de thé à la main, discute un brin en anglais et disparaît après nous avoir montré l’endroit d’où vient sa boisson. Le village est là, on se sent bien à commencer une journée aux aurores. Des hommes sortent le pain du four dans une boulangerie, nous rejoignons un café ouvert pour y déguster nos pains sucrés achetés avec un jus d’orange fraîchement pressé valeur refuge depuis notre arrivée en Turquie.  Nous sommes bien, les paupières gonflées, les commissures des lèvres au zénith. L’hôtel est juste là, il nous ouvre ses portes à 6 heures, le ciel a pris de pâles couleurs bleutées, nous dormons finalement 2 heures avant d’aller visiter Ephèse. 
Bac sur la mer de Marmara

Gare routière de Selçuk, 5 heures du mat






mardi 7 mai 2013

Istanbul, ville de mabouls

Istanbul, ville de mabouls.
Ville  tentaculaire et envoutante.


Vue de notre appartement
Une semaine logés dans l’appartement de Halil et de sa famille (famille de Seval), un appart pour nous, au 6 ème étage dans le quartier de Besisktas, vue sur le Bosphore. Hallucinant… 
Cette ville nous a happés, on aurait pu y rester des semaines et des semaines…

On y a fait notre nid, notre ville.  Ca grouille, ça klaxonne, ça fonce, ça bouchonne, ça brasse, ça muezzin des 4 coins de la ville, ou plutot des 7 collines…


 


On a marché vers la place Taksim et la très européenne rue Istiklal, on a goûté nos premiers loukoums et on s'est délectés de Kebab (des vrais, pas ceux d’Aulnay sous Bois à la sauce 9.3)...

























Sandwichs au poisson à Galata
 On a goûté aux sandwichs au poisson sur le pont de Galata.
On s’est perdus dans les ruelles autour de la tour Galata, on a déambulé dans les dédales du grand bazard.










Pas d'achat de souvenirs, à part des mini bricoles :notre voyage est long et le poids de nos sacs est compté! On gère nos frustrations, c'est bon!


On a admiré et dessiné devant tant de beautés dans la mosquée Aya Sophie et on a failli pleurer dans la mosquée bleue, encore plus majestueuse et sobre.  

On s'est dit que les mosquées sont des lieux mille fois plus accueillants que nos églises .
On y joue, on y rit, on y danse, il y a de la lumière chaude, des gens qui sourient, des tapis doux sous nos pieds…








Bon, ok, il y a aussi ces grandes esplanades centrales réservées aux hommes et ces petits espaces retranchés bien sombres pour les femmes.
La mosquée bleue, vue des tulipes.
Sainte Sophie
Mosquée bleue

Avant ou après, on s'est promené dans le quartier de Sulthamamet, quartier chouette, et on a fini par rentrer dans le palais de Topkapi et ses céramiques somptueuses d’iznik, ses cours aux tulipes flamboyantes. 


 
Conférence sur le Harem: jade est sceptique


Sur les  marches des appartements de la sultane validée (mère du sultan) , on a tenté de comprendre la vie quotidienne du harem de Murat III .










Marqueterie sur porte
 
céramique d'Iznik




Soliman, la magnifique




 La mosquée de Suliman le magnifique construite par Mimar Sinan, grand architecte de l’époque (début XVI)…. On se pose dans les jardins, on dessine, on fait de la gym, on bouquine...



Ablutions des hommes, toujours les hommes



Près de l'église du Christ de Chora
On s’est encore perdus en cherchant l’église  St Sauveur Hors les murs, appelé christ de Chora ou encore karyé müsezi mais en tout cas, pas  du tout connue des habitants du coin. 






Cela nous a permis de traverser un quartier sans doute de gitans, bien loin du flot de touristes,maisons de bric et de brocs, colorées, vestustes et toutes jolies.


On a finalement trouvé ce petit bijou d’église byzantine convertie en mosquée (comme toutes les églises). Des mosaiques de dingues, du XIII et XIV siècle, un rêve tout doré et coloré.


On est allé diner chez la famille de Halil (cousin de notre copine Seval d'Aulnay) dans la banlieue d'Istanbul.
Soirée super chaleureuse, on échange, on parle politique, culture, foot grâce au très bon français de Halil et de sa soeur Gödzne qui traduisent. Les parents sont adorables...La grand mère a un regard d'une douceur extrême, de bienveillance. Au delà des mots qu'on ne comprend pas... Tout ce monde là est tellement accueillant...




Et puis il y a  tout ce qu'on a pas vu, notamment Modern Istanbul et Dolmobahce qui devait être notre  programme du 1er mai, MAIS  : manif générale! 
Tout notre quartier est bloqué et encerclé par les CRS qui gazent à mort, et tout le monde nous fait bien comprendre qu’il n’est pas pensable de descendre par là bas. 
Erdogan n’est pas appréçié de tout le monde, loin s'en faut. D’après Halil et sa famille, son objectif est  d’islamiser la Turquie et de la rapprocher du monde oriental plutôt que du monde européen.
  

Dernière journée à istanbul, donc: balade tranquille vers Ortakoy  et petite promenade sur le Bosphore avant de dire adieu à notre appart chéri et quitter Istanbul.
On y reviendra, c’est déjà sûr.
Jade adore rentrer dans les mosquées pour "se voiler et être tout en  pieds nus"
bon bin ok.